L'Allemagne, une terre d'emploi fertile

19/12/16

Si 36 000 transfontaliers du Sud-Alsace travaillent en Suisse, seulement 7 400 occupent un poste en Allemagne. Les territoires situés autour de Fribourg-en-Brisgau et Lörrach sont pourtant très actifs en matière d’emploi. En réponse, m2A et ses partenaires déploient une politique visant à mieux adapter le niveau de qualification des salariés à la demande.

Des emplois sur mesure

L’événement Warum nicht ? consiste en un partenariat franco-allemand réunissant 25 structures différentes, notamment Pôle emploi et son homologue Agentur für Arbeit via le Service placement transfrontalier (SPT). But premier de ce salon : informer les jeunes, les personnes sans emploi et les salariés sur les opportunités. Des tests linguistiques la disposition des visiteurs prouvent en outre que nombreux sont les Alsaciens qui sous estiment leurs compétences linguistiques.L’idée est que le plus grand nombre, parmi les 700 visiteurs, parte avec une candidature prête à être déposée auprès d’un employeur. Plus de mille emplois ont été proposés pour la 3e édition en avril dernier : vendeurs, métalliers, magasiniers, électriciens, conducteurs d’installations automatisées… 
 
Avec un taux de chômage frôlant parfois les 12 % de la population active, le bassin d’emploi de Mulhouse fait face à une situation extrêmement tendue en matière d’emploi.
 
Paradoxe : il est le voisin d’espaces économiques confrontés au quasi plein emploi et qui peinent à pourvoir leurs offres. m2A et ses partenaires misent donc sur deux dimensions prioritaires : favoriser l’accès du marché du travail allemand aux habitants du Sud-Alsace et renforcer l’attractivité du territoire grâce à des efforts massifs d’élévation des niveaux de qualification et de formation.
 
  • 36 000, c'est le nombre de frontaliers Sud-Alsace vers la Suisse
  • 7 400, vers l'allemagne
  • 50 000, c'est le nombre d'offres d'emploi non pourvues dans la région de Fribourg

Un bon CV pour les employeurs allemands

Rédiger un CV et une lettre de motivation n’obéit pas aux mêmes règles des deux côtés du Rhin. Dans le cadre de Warum nicht ?, des spécialistes aident à l’adaptation d’un CV « français » vers sa version allemande. Ils insistent sur un point : bannir l’usage des traducteurs disponibles sur internet, qui accumulent barbarismes, mauvaises tournures de phrase, voire contresens.
 

Depuis plusieurs années, les efforts sont concentrés vers le bassin économique de la rive droite du Rhin. Un bassin dont les Alsaciens sont assez peu friands comparativement à la région de Bâle, alors que les territoires entourant Fribourg-en-Brisgau et Lörrach résentent une attractivité considérable en matière d’emploi.

 

 

Des freins sont à débloquer 

Comment expliquer ce désintérêt ? 

« Les jeunes intéressés par des emplois sur la rive droite du Rhin et qui n’ont pas de véhicule personnel font part de dificultés à rejoindre les zones économiques allemandes depuis la rive gauche », atteste la Communauté de communes Porte de France Rhin SudCette entité s’est dotée en 2013 d’une plate-forme pour l’emploi frontalier, baptisée PETra (cc-essordurhin.fr), et destinée à mettre en relationsles quelque 200 entreprises en quête de main d’oeuvre installées dans la zone d’activité badoise voisine, avec les Français en recherche d’emploi ou désireux de faire évoluer leur carrière. 

Pourquoi pas l’Allemagne ? 

Des emplois sont disponibles sur la rive droite du Rhin, mais de nombreux freins existent et limitent le nombre de candidats. C’est pour cette raison que le salon transfrontalier « Travailler ou se former en Allemagne, Warum nicht ? » a été créé en 2014, avec une édition 2016 organisée en avril dernier à l’Orientoscope de Mulhouse. « Nous avons proposé plus de 1 000 emplois bien identifiés. Charge à nous et à nos artenaires d’accompagner chaque visiteur de manière méthodique pour le conduire vers un travail. Nous faisons du cousu main », expose la Mef

La capitale de l’usine du futur 

L’avenir de la région mulhousienne se situe aussi dans le renouveau industriel initié sur le thème de l’usine du futur et du numérique et autour de KMØ

 

L’avenir de la région mulhousienne se situe aussi dans le renouveau industriel initié sur le thème de l’usine du futur et du numérique, porté par le label French Tech Alsace décerné par l’État à l’Alsace. Autour du KMØen plein coeur de Mulhouse et à proximité du centre tertiaire de la Zac Gare, se déploie une stratégie pour redonner à l’agglomération sa dimension de capitale industrielle ; avec la nécessité de disposer d’une main-d’oeuvre qualifiée à la hauteur de cette ambition nouvelle. À terme, la création de 2 500 emplois est annoncée dans ce seul secteur du numérique.

 

 

Retrouvez l'article complet dans le magazine Ambitions Agglo #2 (pages 34 à 37)

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