Jean-Marie Meshaka : « Je suis devenu celui que je suis vraiment » #talent

19/10/17

Jean-Marie Meshaka signe sa 98e création avec "Délicate balance" d’Edward Albee. Au théâtre Poche-Ruelle du 20 octobre au 16 décembre, elle explore les différents chemins menant l’humain vers sa recherche d’équilibre. Être ce que l’on est ou ce que la société nous demande d’incarner ? Une question qui fait écho au parcours de vie de ce metteur en scène singulier. Rencontre.

Jean-Marie Meshaka : « Je suis devenu celui que je suis vraiment » #talent
Rencontre avec un metteur en scène qui signe sa 98e création au théâtre Poche-Ruelle à Mulhouse

Chirurgien-dentiste de formation, après avoir vécu au Caire en Egypte puis à Beyrouth au Liban, Jean-Marie Meshaka arrive à Mulhouse en 1975 pour soustraire sa famille aux bombardements de la guerre.

« Je ne voulais pas que mes enfants grandissent sous les bombes. Je pensais les mettre à l’abri temporairement, continuant mes allers-retours entre la France et le Liban. En 1978, je choisis de nous installer définitivement à Mulhouse. J’avais tout perdu et j’ai recommencé à zéro, explique ce passionné de théâtre. »

A 18 ans avec Omar Sharif

« J’ai commencé le théâtre au Caire à 7 ans. A 18 ans, j’y ai monté Eurydice d’Anouilh avec Omar Sharif. A Beyrouth, j’avais ma propre troupe avec laquelle j’ai monté quinze pièces. En m’installant à Mulhouse, je monte un cabinet dentaire et rapidement, la question se pose : où faire du théâtre ? »

Il se tourne alors vers Paulette Schlegel au Poche qui le prévient : « Je ne vous connais pas. On débute en bas de l’échelle ! ». Qu’à cela ne tienne ! Il gravira donc les marches jusqu’à signer trois mises en scène pour le théâtre de Poche de 1978 à 1982. Il crée ensuite sa propre troupe, celle de la Ruelle, qui jouera à Mulhouse, à Rixheim puis onze ans à L’Espace 110 d’Illzach.

« J’ai tout fait valdinguer à 52 ans ! »

« Je ne suis pas admiratif des héros. Beaucoup plus de celui qui, tous les matins, essaie d’être moins médiocre qu’il n’est. C’est le vrai combat. On nait tous avec un patrimoine génétique, puis on devient ce que les codes de la société nous imposent d’être. Comment trouver l’équilibre et la sérénité dans cette vie entre ce que j’ai besoin d’être et ce que l’on me demande d’être ? On nous impose de correspondre à ces codes sous peine d’être marginalisés. A 52 ans, j’ai tout fait valdinguer pour ne faire que du théâtre. Je ne voulais plus correspondre aux codes qui m’auraient dicté de continuer la chirurgie dentaire. »

Comédien et metteur en scène, Jean-Marie Meshaka est aussi l’auteur de cinq pièces, Lettres à mon chien, Le carrosse indigo, Le distancier, Ça ne finira donc jamais et Gueule d’automne. Il montera sa 6e écriture et 99e création, Quand hurlent les papillons, en mars 2018 au Poche Ruelle.

« On me dit que je suis fou… »

« On me dit que je suis fou parce que je travaille de 9h du matin à 11h du soir. On me demande de me ménager. Ce serait répondre à la prudence et la prudence est une autre façon de mourir. Je préfère choisir la mienne. Être dans mes bottes de sept lieux théâtrales. Elles m’aident à tenir. Je fonctionne avec mes brûlures. Pour les calmer et éteindre le feu, je mets en scène ou j’écris. Aujourd’hui j’ai rencontré la sérénité car je suis devenu celui que je suis vraiment. »

23 représentations, du 20 octobre au 16 décembre :

- Vendredi 20, samedi 21, vendredi 27, samedi 28 à 20h30 et dimanche 29 octobre à 17h.
- Vendredi 3, samedi 4, vendredi 10, samedi 11, vendredi 17, samedi 18, vendredi 24, samedi 25 novembre à 20h30. Dimanche 12 et dimanche 26 novembre à 17h.
- Vendredi 1er, samedi 2, vendredi 8, samedi 9, vendredi 15, samedi 16 décembre à 20h30. Dimanche 3 et 10 décembre à 17h.
 
Tél. : 03 89 42 71 15 - theatre-poche-ruelle.fr

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